Introduction (si, si !)

Prenez une planche d’environ 0,50 m par 1,50 m. Partagez-la en trois cases et fixez-la sur un bastingage. Les mains ligotées et les pieds dans la première case, faites-vous piquer dans le dos par un sabre. Vous voilà illico dans la case numéro deux et, peu après, dans la case numéro trois. Un dernier coup de point vous expédie à la mer. Il en sera ainsi avec chaque strip de Maurice et Patapon. C’est Charb qui tient le sabre. A vous de voir si vous désirez continuer cette éprouvante lecture.

Prouah

Comparés à Maurice et Patapon, Les « Peanuts » (Snoopy et toute la bande) sont une BD encombrée : niche, butte du lanceur, brins d’herbe et dernière feuille de l’année, celle qui serre le cœur.

Pas de ce sentimentalisme d’accessoire chez Charb. Ni ciel, ni terre, ni horizon, ni espoir. Parfois une télé, ce qui est pire que tout…

Craignant que Maurice et Patapon ne rencontrent un colossal succès, les stars animales de la BD s’interrogent: « Qu’est-ce qu’ils ont de plus que nous? » Une fois sur deux, c’est grossier. On ne peut pas s’identifier à eux, sauf peut-être à Maurice, à condition d’être Aimé Jacquet. Une fois sur deux, c’est vulgaire. S’identifier à Patapon, à la rigueur, mais le nom est trop con. Une fois sur deux, c’est grossier et vulgaire. Aucune de ces histoires ne fera avancer les sciences humaines, sauf à considérer la méchanceté, l’égoïsme et les vannes démoralisantes comme des composantes majeures du vivant.

Quand ce n’est pas scato, c’est porno.

Ça ne devrait pas plaire aux enfants puisque Maurice ne joue pas au petit chien désobéissant, ni Patapon au chaton espiègle et que, plutôt que de faire les fous dans les prés pleins de fleurs résistantes au béton et de sources pures à la pisse de porc, ils préfèrent gloser sur les portables.Ça ne devrait pas plaire aux adultes, puisque ça se moque du Loto, de la guérison par les plantes, des motos-crottes et des portables.

Maurice qui se régale de Tampax et Patapon de mouches à merde, ça ne peut pas plaire aux dégustateurs de cheeseburgers aux viandes folles. Ça ne peut même pas plaire aux amis des bêtes, puisque ces orduriers animaux héros dessinés parlent sans arrêt de la bite, alors que l’idéal des amis susnommés est de couper les couilles.

Maurice et Patapon, ça ne peut donc pas plaire. Quittez vite ce site.

Gébé